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Morts sous X
France Info - 17 juin 2009
Entre 500 et 3.000 par an : les chiffres diffèrent selon les sources, concernant les enterrements sous X. Des personnes décédées sans que l’on connaisse leur identité.
Un projet de loi ambitionne de réduire le nombre de ces morts non identifiés.
La police les estime à "entre 500 et 800" ; certaines associations parlent de 2.000 à 3.000 cas par an.
Qui sont ces morts non identifiés ? Des personnes mortes dans la rue, dans un accident, ou à l’hopital... Elles sont enterrées anonymement, par exemple au cimetière parisien de Thiais. En 2008, 15 personnes y ont été enterrées sous X : sans plaque ni signe particulier sur la dalle blanche qui recouvre le cercueil.
| L’enquête de Franck Cognard (4'10") | |
Aujourd’hui, un corps retrouvé et non identifié est tout simplement dirigé vers la morgue, puis vers le cimetière.
Demain, avec cette future loi, police et gendarmerie seront obligées de faire un minimum de travail sur ce cadavre, même s’il s’agit d’un accident ou d’une mort naturelle.
Le commissaire Frédéric Malon, de la direction centrale de la police judiciaire, explique qu’"avant d’enterrer la personne non identifiée, un gendarme ou un policier se déplacera sur les lieux de découverte du cadavre pour y prélever de l’ADN. Et cet échantillon sera comparé à celui des familles qui ont signalé une disparition. Cela pourra être l’ADN des parents, ou des enfants, ou du disparu lui-même, récupéré sur un objet à son domicile".
Ce travail évitera sans doute à des familles des mois et des années d’incertitude après la disparition d’un proche.
C’est ce qu’a vécu la famille Barthe : en 2000, le jeune Yann revient d’une rave, et chute d’un train à hauteur de Chalon-sur-Saône. Il n’a aucun papier sur lui... il est donc enterré sous X en Saône-et-Loire.
Pendant six ans, ses parents, qui vivent à Bordeaux, ne savent pas s’il est vivant, s’il a voulu disparaitre pour refaire sa vie, s’il est malade... Six ans avant de découvrir que leur fils est mort.
Le père de Yann, Serge Barthe, témoigne : "c’est une torture de ne pas savoir, c’est comme un cancer qui vous ronge. Je ne regrette pas les six années passées à chercher mon fils, j’aurais donné ma vie pour lui, mais elles me font mal ces années. Très très mal : on perd tous ses biens, parce que les recherches coûtent très cher, on perd sa situation professionnelle, on perd ses amis".
Pour éviter à l’avenir ce genre de drames, des associations se sont mobilisées depuis trois ans pour que passe cette loi (elle sera examinée courant juillet).
A l’époque, c’est Martine Monteil, alors patronne de la PJ, qui avait alerté les pouvoirs publics sur ces enterrements sous X. Il aura donc fallu trois ans pour aboutir.
C’est long, estime Jean-Yves Bonnissant, président de Manu Association : "dans certains pays en conflit, on déterre les morts pour les identifier. Pas en France jusque là. Nous voulons savoir si l’être cher que nous recherchons est mort, pour pouvoir faire notre deuil. On ne va pas chercher toute notre vie sans rien trouver ; alors que la personne qu’on cherche est peut être enterrée dans un cimetière dans le carré des indigents. On enterre les chiens mieux que les corps anonymes".
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guitou18 juin 2009 - 08:15
Morts sous X : un fait social ignoré du grand public .
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