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France Info - Rajendra Pachauri, président du GIEC

Rajendra Pachauri, président du GIEC - © REUTERS/Bob Strong

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Haro sur le GIEC

France Info - 4 février 2010

Ça chauffe pour le GIEC : le groupe international des experts sur le changement climatique. Il a du faire son mea culpa après deux affaires plutôt embarrassantes : dans son dernier rapport il écrivait par exemple que les glaciers de l’Himalaya auraient disparu en 2035... Aujourd’hui certains réclament la démission du président du GIEC et posent la question du bien fondé de son organisation.

Haro sur le GIEC - le Plus de France Info de Anne-Laure Barral  (5'28")
 

Le Groupe international des experts sur le climat existe depuis 1988. C’est une émanation à la fois des représentants des pays membres de l’ONU, en particulier ceux du G7, qui cherchaient une expertise scientifique sur les questions climatiques et de la communauté scientifique elle-même, à travers notamment l’organisation météorologique mondiale, pour mettre en commun des données recueillies sur l’ensemble de la planète.

Dès le début, il a établi une méthodologie pour prendre en compte les contributions de centaines de scientifiques du monde entier. Leurs travaux sont revus et corrigés par d’autres scientifiques avant d’être retranscrits dans un gros rapport de plusieurs milliers de pages par des auteurs.

Mais ensuite un collège d’experts des 192 gouvernements de l’ONU accepte, en recherchant le consensus, un résumé destiné aux décideurs. Cette procédure de résumé fait aujourd’hui débat puisque toutes les nuances et les controverses du rapport plus global y sont gommées. Or, cela sort la pensée scientifique de son rôle pour la faire rentrer dans une posture plus politique.

En 2007, le GIEC publie son 4ème rapport. La même année, il obtient le prix Nobel de la paix conjointement avec Al Gore. Ainsi, les 3.000 experts besogneux qui travaillaient dans l’ombre jusqu’à présent se retrouvent sous les feux de la rampe. Cela attise peut être certaines jalousies. Mais aussi et surtout, ses rapports qui passaient jusqu’à présent plutôt inaperçus sont décortiqués, scrutés et démontés

Et la transparence voulue par le GIEC, dont les publications sont téléchargeables sur son site par n’importe qui, lui joue des tours : aujourd’hui ses failles sont mises en lumières.

Pour ses détracteurs, les dernières bourdes du GIEC sur la date de la fonte des glaciers de l’Himalaya en 2035, mais aussi les références du groupes aux travaux d’un étudiant en master de l’université de Berne et à un magazine d’alpinisme (mises au jour par le Sunday Telegraph de dimanche dernier) montrent un manque de sérieux.

Pierre Radanne, expert en politique énergétique et climatique. Il répond à l’argument des climato-sceptiques, selon lesquels c’est un mal propre aux sociétés judéo-chrétiennes de chercher une responsabilité de l’homme dans les problèmes de  (1'26")
 

Deux enquêtes sont en cours dans l’affaire du "climategate", ces mails piratés de l’université d’East Anglia en Grande Bretagne. Une de police pour savoir qui a piraté les mails. Une interne à l’université afin de savoir si les chercheurs ont bien tenté de modifier la présentation des données pour asseoir leur thèse selon laquelle le réchauffement climatique est prouvé.

Le Groupe a élu l’an dernier les membres de son bureau, qui sont une vingtaine, mais n’a pas encore déterminé qui seront ses milliers de contributeurs. Les membres du bureau promettent de renforcer son sérieux et sa revue critique. Le prochain rapport du GIEC est attendu pour 2013-2014.

Plus largement, cette affaire pose la question du lien entre le travail des scientifiques et les décisions des dirigeants politiques.

L’analyse du sociologue, Jean-Pierre Le Goff, du CNRS

Jean-Pierre Le Goff avec Jean Leymarie et Anne-Laure Barral  (10'02")
 

Anne-Laure Barral



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